RnD Café ☕️ – #400
Vive la rentrée !

Prompt MidJourney : Ultra-realistic macro cinematic animation, isometric diorama of tiny construction workers in bright orange vests and yellow helmets assembling a large wooden sign that clearly reads « RnD Café » in bold Montserrat font carved wooden letters. A small yellow crane carefully lifts and positions the wooden mug logo above the ‘400’ celebrating the 400th edition. Workers polish and paint the wooden letters with miniature rollers, others carry tiny sacks of coffee beans as construction materials, scaffolding surrounds the letters. In the blurred background, there is only one picture frame, and inside this frame is the text « AI = UI ». Whimsical yet cinematic atmosphere, hyper-detailed wood textures, warm golden-brown tones. Circular camera movement around the central wooden sign, smooth cinematic video. Inspiré par Ross Symons.
Au sommaire cette semaine
- Google déploie ses AI Overviews et met le SEO (Search Engine Optimization) en crise ouverte : les clics vers les sites s’effondrent.
- L’IA transforme le travail : 40 % des tâches automatisables, de nouveaux postes apparaissent, et les dirigeants doivent repenser gouvernance et formation.
- Côté créativité, l’IA (et ses agents) s’installe dans la vidéo, la musique, la pub : les premiers flux de contenus sans humains émergent.
- En brèves : GPT-5 et ses modèles locaux, l’AI Act européen, et les meilleures ressources pour apprendre l’art du prompt.
🎧 Retrouvez aussi la version audio RnD Expresso et les slides de synthèse produits automatiquement via NotebookLM. C’est brut de fonderie et je continue à trouver les contenus un peu trop « enthousiastes » mais la démo des slides est à regarder. C’est une nouveauté de l’été !
Bonjour à toutes et à tous
C’est la rentrée ! Heureux de vous retrouver… Si, si !
Et pas n’importe quelle rentrée puis que voici le 400ème numéro de notre RnD Café, histoire qui a démarré début 2012 (avec quelques interruptions). L’un des premiers numéros est ici.
Mais regardons vers l’avant, car nous/vous allons/allez avoir du pain sur la planche.
Quelques évolutions rapides pour cette nouvelle saison :
- une newsletter plus condensée – et oui, nous allons devoir choisir ce qui nous paraît le plus utile dans votre quotidien !
- les contenus seront accessibles ici, sur notre site quelques jours plus tard mais plus sur LinkedIn en intégralité.
Évidemment, beaucoup d’annonces estivales et près de 200 sources analysées en tandem avec l’IA : notre agent formate, rassemble et synthétise les infos que NOUS avons identifiées ET validées avant que je ne m’attelle à la rédaction !
Notre fil rouge : comment ces mutations changent concrètement la manière dont on cherche, travaille et manage. Spoiler : ça va beaucoup plus vite que prévu.
Bonne lecture et très bon week-end.
Grand Sujet #1 – L’IA change l’expérience utilisateur (et donc votre business model)
Depuis quelques mois, la recherche en ligne n’a plus rien à voir avec ce qu’elle était. Google généralise ses AI Overviews : des résumés directement affichés en tête de page, sans que l’utilisateur ait besoin de cliquer. Résultat : le volume de recherches “zéro clic” est passé de 56 % à 69 % aux États-Unis (source).
Malgré un déploiement massif dans plus de 200 pays et 40 langues depuis mai 2025, la France reste exclue pour l’instant, principalement à cause d’«incertitudes juridiques» évoquées par Google en lien avec les réglementations européennes comme le RGPD et le Digital Markets Act.
D’autres pays européens, comme l’Allemagne, l’Italie, l’Espagne, la Suisse ou le Portugal, bénéficient toutefois déjà de la fonctionnalité sous forme de tests ou de déploiements progressifs depuis mars. Nous bénéficions d’un sursis pour nous adapter. Lire le résumé des annonces estivales de Google chez Karine Abbou.
Côté Baidu, le « Google Chinois », la “Smart Box” agrège aussi contenus, fiches produits et résumés IA dans une même interface.
Autrement dit, l’IA aspire la fonction même de la recherche. Les moteurs ne sont plus des portails qui orientent vers le web, mais des guichets uniques. Le clic est en voie de disparition. Semrush prévoit que d’ici trois ans, le trafic venant de ChatGPT et consorts dépassera celui issu de Google (via Andrea Bensaid).
Selon Pew Research, les clics vers les sites chutent de 25 %.
Pour les médias, e-commerçants et annonceurs, c’est un choc. Le SEO (Search Engine Optimization), discipline patiemment construite en vingt ans, se voit bouleversé en quelques mois.
Dans cette logique, les agents IA s’imposent comme nouvelle interface utilisateur. Perplexity a lancé Comet, un agent qui prend le contrôle de votre navigateur et exécute des tâches à votre place (source). Côté ChatGPT, la fonctionnalité « agent » a été lancée fin juillet.
L’expression qui résume le mouvement : AI = UI (l’intelligence artificielle devient l’interface). Demain, vous ne “chercherez” plus, vous “demanderez d’agir”.
Et donc ?
Cela change radicalement la donne. Les canaux de visibilité (SEO, Search Engine Optimization) classiques s’effritent : les contenus risquent de ne plus être vus car les réponses se consomment directement dans l’interface IA.
Il faut donc repenser la distribution :
- Travailler la présence dans les résumés IA : formats plus clairs, sources crédibles, données structurées.
- Se préparer à un monde où Google n’est plus l’unique porte d’entrée.
Deuxième enjeu : préparer vos équipes marketing et produit à fonctionner dans un monde où le client ne “cherche” plus, mais délègue des actions à un agent. On a encore un peu le temps… mais pas tant que ça.
Grand Sujet #2 – IA & Travail : nouveaux rôles, nouvelles fractures
Une étude McKinsey relayée cet été estime que 40 % des tâches actuelles pourraient être automatisées d’ici 2035. Dans le même temps, des rôles inédits émergent : Chief AI Officer, AI Architect, Knowledge Engineer, AI Ethicist…
Selon Axios, certains secteurs commencent déjà à licencier sous l’effet de l’IA : support client, traduction, back-office.
La fracture est double : entre entreprises qui prennent de l’avance et celles qui subissent, mais aussi entre salariés formés et ceux laissés sur le bord de la route pour la troisième fois … (80’s fracture de l’informatique, 90’s-00’s fracture numérique internet et maintenant l’IA ?).
Les conseils d’administration parlent beaucoup d’IA mais restent souvent incohérents, souligne Brian Solis : l’ambition ne s’accompagne pas toujours de moyens.
« …while boards and top executives may mandate using A.I. to make their businesses more efficient and competitive, many of those leaders haven’t fully integrated it into their own workdays. »
Ce décalage alimente frustrations et inquiétudes.
Et donc ?
- Mettre en place une gouvernance claire (comité IA, Chief AI Officer).
- Lancer des formations concrètes pour réduire la fracture des compétences.
Grand sujet n°3 — Créativité augmentée : trouver le bon tandem humains/agents (ou vice versa)
L’été a vu pléthore d’annonces d’outils créatifs.
Google Veo3 génère des vidéos 4K (IKEA, DECATHLON, CORONA) avec dialogues et bruitages (comment ?)
Higgsfield transforme une simple photo produit en spot publicitaire ou permet d’éditer une séquence en insérant un produit (source)
ElevenLabs a lancé Eleven Music, générateur musical multilingue (source)
et MidJourney Vidéo se renforce (image de début, de fin, loop) et permet ce genre d’idées sympas en animant croquis et dessins d’enfants en scènes complètes (source).
Certains créateurs enchaînent déjà des workflows automatisés (MidJourney + Magnific + Kling + ElevenLabs + HeyGen + Runway) pour concevoir une vidéo complète avec avatar, voix et lip-sync — sans intervention humaine (source).
La vraie rupture est là : les agents IA automatisent l’orchestration de ces outils, via des protocoles comme MCP (Model Context Protocol). Comme l’a montré Andreas Horn avec une “one-man company powered by 100 agents”, la créativité comme d’autres sujets devient un processus industrialisable de bout en bout.
On a encore un peu de temps, mais ça approche.
Mais ce basculement soulève un défi culturel. Une étude Stanford révèle que les profils créatifs sont parmi les plus réticents à automatiser leurs propres tâches. La question n’est pas seulement technique mais identitaire : qu’est-ce que “créer” signifie encore quand une chaîne d’agents peut tout produire en continu ?
Gilles Guerraz en a une autre lecture (100 % d’accord !).
« Pour les éditeurs et les décideurs, la priorité devient claire :
Arrêtez de chercher à remplacer.
Cherchez à amplifier. »
Et donc ?
- Les coûts de production créative chutent drastiquement grâce à l’automatisation.
- Les directions marketing doivent anticiper l’abondance de contenus générés en flux automatisés et le risque d’infobésité.
- Trouver la ligne de crête entre automatisation efficace et authenticité humaine devient stratégique.
Les brèves – La sélection RnD Café
1. OpenAI n’a pas pris de vacances : GPT-5 & modèles locaux
→ lancement de GPT-5, plus puissant et qui préfigure une approche agentique. Ca veut dire quoi ? Au lieu d’avoir à choisir quel modèle utiliser, vous exprimez votre besoin et chatGPT va identifier l’outil le plus adapté.
L’annonce a suivi une courbe désormais classique :
- Révolutionnaire
- Ah en fait bôf
- Ah si en fait bien quand on sait s’en servir.
En résumé : c’est impressionnant.
Revues à lire ici : GPT-5 suscite autant d’enthousiasme (Nicolas Guyon) que de nuances (Ethan Mollick), salué pour son routeur intelligent et la baisse massive des hallucinations (Manthan Patel), mais aussi critiqué comme une avancée surtout commerciale et d’orchestration (SemiAnalysis).

Quelques jours auparavant, ils avaient déployés des modèles légers fonctionnant en local (source). En quoi c’est intéressant ? Pour ouvrir des usages offline et renforcer la confidentialité.
2. Régulation & copyright : l’Europe et Anthropic en première ligne
→ L’AI Act poursuit sa mise en application (source), avec de nouvelles obligations de transparence et de gouvernance cet été — et d’autres prévues l’an prochain.
En parallèle, Anthropic (et ce ne sont pas les seuls) fait face à plusieurs procès aux États-Unis pour violation de copyright (source).
Pour action :
- Auditez vos datasets (sources, droits, licences).
- Documentez vos pratiques (tests, robustesse, transparence).
- Anticipez les prochaines étapes de l’AI Act (2025 : obligations sur les systèmes à haut risque).
3. Former vos équipes à l’art du prompt (oui… toujours)
→ Du modèle des 5 niveaux de prompt (Ruben Hassid) aux 26 principes (Ruben Hassid), en passant par un guide pratique de 80 pages (lien PDF) et même un comparatif des différents formats YAML vs JSON pour structurer efficacement ses requêtes (Spoiler : c’est plus la structure que le format qui compte), les ressources ne manquent pas pour progresser vite.
Mais la clé reste de garder son esprit critique : savoir demander à l’IA de contredire ses réponses pour en faire un véritable partenaire de réflexion (via Rochane Kherbouche qui met en scène les principes rappelés par Benoit Raphaël et Thomas Mahier pour leur agent Jeff ).
Pour action :
- faire du prompt une compétence organisationnelle.
En coulisses, cette semaine chez RnD
Nous préparons pour septembre une infrastructure sécurisée française vous permettant de tester les LLM (Large Language Models) dans un cadre respectant la confidentialité de vos données.
Objectif : offrir aux dirigeants un environnement protégé pour leur permettre à eux et leurs équipes d’explorer cas d’usage IA, valider prototypes et rassurer les DSI. Plus d’infos à venir…
On se prend un café ?
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